MUSIC ALL

Conception

Marco Berrettini, Jonathan Capdevielle & Jérôme Marin

Création le 22 septembre 2021 à l’Arsenic – Lausanne (CH)

GÉNÉRIQUE

CONCEPTION ET INTERPRÉTATION
Marco Berrettini, Jonathan Capdevielle & Jérôme Marin

MUSIQUE LIVE
Théo Harfoush

CASCADEUR
Franck Saurel

ASSISTANT ARTISTIQUE
Louis Bonard

SCÉNOGRAPHIE ET LUMIÈRES
Bruno Faucher

CONSTRUCTION MODULES
MC2 – Grenoble

DÉCORATION MODULES
Daniel Martin

RÉALISATION HAIE VÉGÉTALE
Atelier Vierano

RÉGIE LUMIÈRES
Antoine Friderici

COSTUMES
Colombe Lauriot Prévost

CRÉATION SONORE
Vanessa Court

RÉGIE GÉNÉRALE
Jérôme Masson

PRODUCTION, DIFFUSION, ADMINISTRATION
Fabrik Cassiopée – Manon Crochemore, Isabelle Morel et Pauline Delaplace
Tutu production – Pauline Coppée

PRODUCTION

Production déléguée Association Poppydog (FR) & *Melk Prod. (CH) 

Coproduction (en cours) : L’Arsenic – Lausanne (CH), l’ADC – Genève (CH), Festival d’Automne à Paris (FR), CCN2- Centre chorégraphique national de Grenoble dans le cadre de l’accueil studio (FR), le Manège – Scène nationale de Reims (FR), T2G Théâtre de Gennevilliers – Centre Dramatique National (FR), Théâtre des 13 vents, centre dramatique national de Montpellier (FR), Théâtre de Lorient – centre dramatique national (FR), Centre Dramatique National d’Orléans (FR), La rose des vents – scène nationale Lille Métropole – Villeneuve d’Ascq (FR), MC2 : Grenoble (FR)

Remerciements à Nanterre-Amandiers, Centre dramatique national

Avec le soutien de la fondation Schweizerische Interpretenstiftung et la fondation Ernst Göhner.

La compagnie *Melk Prod. est au bénéfice d’une convention de soutien conjoint avec la Ville de Genève, le Canton de Genève et Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture.

L’association Poppydog est soutenue et accompagnée par la Direction régionale des affaires culturelles d’Ile-de-France – ministère de la Culture, au titre du conventionnement.

Visuel de fond : ©DR Whitney : Can I Be Me, Graphisme : Grégoire Gitton

Prologue

C’est l’envie d’une rencontre atypique entre trois artistes qui n’avaient jamais travaillé ensemble, issus de la scène contemporaine, qui est à l’origine du désir de créer cette pièce, Music all. Marco Berrettini, Jérôme Marin et Jonathan Capdevielle ont chacun une expérience forte de la scène, aussi bien en tant que chorégraphe que metteurs en scène. Chacun est aussi interprète de ses propres pièces dans lesquelles la danse et le chant sont souvent convoqués.

Mais nos univers distincts du théâtre, du cabaret et de la danse ne nous ont pas empêchés d’avoir un intérêt commun pour ce qui concerne la fragilité humaine. Fragilité qui se révèle parfois dans les prestations des acteurs, chanteurs, performers, quand soudainement, en un clin d’œil, leurs « numéros » chavirent, et qu’ils se retrouvent alors dans un état psychique et émotionnel qui les fait basculer.

Music all est une espèce de « flip » comme dirait l’auteur du livre éponyme, Jeffrey Kripal. Un « flip », écrit-il, est « un renversement de perspective », « un nouveau réel », souvent né d’une expérience extrême qui change la vie. Une tentative du corps et de l’âme de signaler à l’être humain une voie pour réparer notre monde fracturé.


Le Music-Hall

Nous avons en commun une attirance particulière pour le Music-Hall. Ce temple de la musique, ce show de variétés multiformes, d’attractions visuelles, de comédies musicales, de plumes et de paillettes – qui dévore et engloutit une multitude de disciplines artistiques, d’artisanat d’art et d’innovations techniques pour la scène – offre au public le temps d’un spectacle sans cesse renouvelé, une prestation à la variété discutable, parfois prodigieuse, féerique, époustouflante, mais parfois aussi pathétique, mal imitée ou défraîchie. Sa monstruosité inhérente se prête à la transformation, en retournant, détournant, contournant, confrontant, poétisant l’art et les codes même de ce Music-Hall. Le rythme et la mélodie de chaque numéro de Music-hall et du spectacle entier sont les éléments de fiction qui distinguent la personne présente sur scène de ce qu’elle serait dans la vraie vie. C’est pourquoi nous interrogerons aussi notre place personnelle à l’intérieur de la pièce, de ce trio, mais également la place de l’artiste sur scène, d’une manière plus générale, avec des questions précises, telles que : comment trouver le moyen de ne pas se faire attraper par la scène ? Pourquoi monter sur scène la fois de trop ? Comment ne pas échouer ? Comment ne pas s’échouer ? Qui est sur scène : l’artiste le personnage ou l’homme ? Cette ligne de séparation si fine, où l’amateur pourrait se prendre pour une star, et à l’inverse une star pourrait totalement oublier le public qui l’entoure. Ce no man’s land du spectacleles carrières se brisent en un clin d’œil, mais où l’occasion se crée aussi pour de parfaits inconnus d’accéder à des moments quasiment zarathoustriens.

Des idées pleines de paillettes

Cet univers de paillettes, qui place le spectaculaire en première ligne, nous semble propice à l’écriture d’une pièce questionnant la notion même du divertissement. Nous désirons créer un spectacle qui serait comme une longue métamorphose continue. Un cycle incessant de destruction et de résurrection, pendant lequel nous exécuterons un numéro de Music-hall sans fin, à l’intérieur duquel apparaitront les désirs et les obsessions de chacun. Une Whitney Houston au bord de l’implosion côtoie une Marguerite Duras qui prône la destruction de Tout (Détruire dit-elle). Une Marlene Dietrich sur une aire de jeux d’enfants croise un cascadeur professionnel qui brûle en fond de scène. 

Ça brille, ça chute, ça se récupère dans un mouvement ininterrompu de personnages qui interprètent une pièce chorégraphique, théâtrale et musicale à l’écriture parfois improvisée. Nous savons tous que dès l’instant où quelques paillettes manquent sur une robe, l’ensemble de la personne peut apparaitre comme un épouvantail. Mais qu’un épouvantail peut nous émouvoir dès qu’il se met à danser dans « Le Magicien d’Oz » par exemple. Nous imaginons alors plein de personnages en fin de vie, en fin carrière, abimés, en dépression, malades, opprimés, mais qui grâce à Music all pourraient vivre enfin une épiphanie, que nous serions heureux de mettre en scène.


Maestro
, Musique et sons !

Music all s’intéresse, comme le titre l’indique, à tous les styles musicaux, même si nous comptons bien faire un clin d’œil au monde du Music-Hall, et du cabaret, en particulier. Les morceaux de musique préexistants se heurteront à un traitement de choc. En collaboration avec Théo Harfoush et Vanessa Court nous comptons bien transformer un tube rapide de Michael Jackson en une bossa nova brésilienne version Gaetano Veloso ou une chanson pop de Mylène Farmer en un slow italien des années 50. Tout comme travailler sur la capacité du son à enrichir l’identité de cet espace, en créant par exemple un climat, des atmosphères et des évènements hors champs. Le son révélateur des émotions des personnages qui par moment les accompagne mais aussi les dépasse. Cette discontinuité du spectacle et de la vie en général, nous a également amené à imaginer l’apparition d’une chorale d’enfants qui interprètera une chanson de Music Hall extraite du si riche répertoire de Jean Yanne.

La présence d’un musicien live sur scène nous permettra d’avoir une oreille attentive aux arrangements, à la justesse des voix et pourra renforcer le caractère vivant et improvisé de la partition. Et de la fluidité musicale que nous recherchons.

Music all est l’instant où des forces jaillissant de l’inconscient envahissent les corps de nos interprètes pour leur faire faire des choses dont ils ne contrôlent plus la portée. Ce qui semblait une simple entreprise de loisir se transforme alors en un destin tragico-comique.

« Je m’abandonne parce que je n’ai plus peur d’être abandonnée »

 

Faire clasher !!

Une aire d’autoroute, sombre, abandonnée, avec son espace de jeux pour les enfants, nous est apparue très vite comme la scénographie, l’habitat idéal pour incarner et faire évoluer nos multiples personnages.  C’est un endroit imaginé par l’homme pour satisfaire toutes sortes de besoins : les toilettes, pour se restaurer ou pic niquer, les jeux pour enfants et les structures de cross fit pour se défouler… Ce lieu de transit est propice aux rencontres furtives, et aux abandons. D’un musicien de passage, d’un camionneur cascadeur ou d’une chorale d’enfants… Par exemple.

La présence de buissons au fond du plateau, cache une nature à la fois désespérément maîtrisée, souillée et cependant sauvage. Cette aire d’autoroute met en scène une autre face du miroir du si brillant Music-hall, qui à force de vouloir maîtriser son exercice de faire briller trop vite ou trop longtemps ses étoiles finit par révéler la fragilité et la monstruosité de son show-business.

« Être dans les profondeurs de la tristesse est une expérience aussi importante qu’exubérante »
Marlene Dietrich

Marco Berrettini, Jonathan Capdevielle & Jérôme Marin