CALIGULA

D’Albert Camus

Conception et mise en scène Jonathan Capdevielle

Création 2023

GÉNÉRIQUE

TEXTE
Albert Camus

CONCEPTION ET MISE EN SCÈNE
Jonathan Capdevielle

ASSISTANTE À LA MISE EN SCÈNE
Christèle Ortu

INTERPRÈTES
Adrien Barazzone, Dimitri Doré, Jonathan Drillet, Michèle Gurtner, Babacar M’Baye Fall, Marlène Saldana, Thomas Scimeca

MUSICIENS LIVE
Arthur B. Gillette, Jennifer Eliz Hutt

SON
Vanessa Court

LUMIÈRES
Bruno Faucher

MUSIQUE ORIGINALE
Arthur B. Gillette & Jennifer Eliz Hutt

COSTUMES
Colombe Lauriot Prévost

SCÉNOGRAPHIE
Nadia Lauro

CHORÉGRAPHIE
Guillaume Marie

RÉGIE GÉNÉRALE
Jérôme Masson

PRODUCTION, DIFFUSION, ADMINISTRATION
Fabrik Cassiopée – Manon Crochemore, Pauline Delaplace et Isabelle Morel

PRODUCTION

Production déléguée Association Poppydog

Coproduction : T2G, centre dramatique national de Gennevilliers (FR), Festival d’Automne à Paris (FR), Théâtre des 13 vents centre dramatique national de Montpellier (FR), Le Quartz scène nationale de Brest (FR), Chateauvallon Liberté Scène nationale de Toulon (FR), , Le Parvis, scène nationale de Tarbes (FR), Comédie de Béthune CDN (FR), L’Onde Théâtre – Cinéma Vélizy Villacoublay (FR), Centre Dramatique National Besançon Franche Comté (FR), Maillon – Théâtre de Strasbourg – Scène européenne (FR)

L’association Poppydog est soutenue et accompagnée par la Direction régionale des affaires culturelles d’Ile-de-France – ministère de la Culture, au titre du conventionnement.

Visuel de fond : © Guillaume Marie, Graphisme : Grégoire Gitton

Cette pièce de Camus m’intéresse particulièrement car elle questionne tout autant l’endroit du pouvoir et ses vices que le sens à donner au sentiment amoureux, à la mort, au tragique ; ces grandes thématiques sont explorées à travers le geste artistique impulsé par le personnage de Caligula.

Il y a quelques similitudes entre le César raconté par Suétone et le personnage de Camus. Par exemple, l’auteur emprunte à la folie délirante et à la paranoïa de l’empereur décrites dans les récits de Suétone, notamment dans les Douze Césars. Son goût pour le travestissement, les exécutions sommaires ou les orgies s’en inspire également. Mais, loin d’en faire uniquement un empereur cruel et sanguinaire, le Caius de Camus apparait aussi subtil, sensible, et émotionnellement tourmenté. Déçu de l’état du monde, il se met en scène dans une pièce qui, acte après acte, crée les conditions parfaites de la destruction, et sème le chaos au cœur de l’institution politique, rythmée par les questions régaliennes, les impôts et les lois agraires.

Un empereur artiste au pouvoir, qui exerce sa tyrannie, en imposant les règles d’un jeu absurde, drôle, pervers, cruel, et sans limite. Il met à l’épreuve son entourage rompu à l’exercice de la politique et, non sans humour, il déstabilise ses patriciens et fait tomber les masques d’un système vieillissant, tout en s’attachant avec passion à la jeunesse, notamment à travers ses échanges avec le personnage de Scipion. Utilisant l’art comme une forme nécessaire pour définir sa perception du monde et du futur, il prend en charge un royaume dans lequel « l’impossible est roi », dans le but de contrebalancer un constat qu’il exprime : « de quoi me sert ce pouvoir si étonnant si je ne puis changer les choses (…) que la souffrance décroisse et que les êtres ne meurent plus (…) Les hommes meurent et ils ne sont pas heureux ». Le Caïus de Camus est un personnage ambivalent et insaisissable, désireux de faire éclater la vérité́ sur la condition humaine, en dénonçant les mensonges par lesquels les hommes cachent leur contingence.

J’ai lu deux versions du Caligula celle de 1941 et celle de 1958. L’œuvre de 1941 est plus poétique, romantique tandis que celle de 1958 est plus politique. Je souhaite travailler avec ces deux textes en conservant l’ordre des actes et leurs scènes et en respectant le sens que Camus donne à son œuvre. Comme il le rappelle dans une interview de 1952 : « chez certains écrivains, il me semble que leurs œuvres forment un tout où chacune s’éclaire par les autres, et où tout se regarde ».

Le désir de mettre en œuvre ce projet commence par la vision pluridisciplinaire que je me fais de cette pièce. La danse, la musique, le chant, la marionnette ou les arts plastiques, sont des disciplines qui permettent d’explorer, de réinventer et d’enrichir les questionnements profonds liés à un texte dialogué ou un récit comme celui de Camus. Pour commencer le processus de création, les sujets et les thématiques issus du texte de Camus serviront à une première étape de travail immersif avec les acteurs et actrices qui maîtrisent la transdisciplinarité et l’utilisation multiple de supports dramatiques. Nous mettrons en place avec eux différents ateliers de recherche, d’improvisation et d’écriture au plateau afin de travailler sur les différents personnages de la pièce. Nous organiserons ainsi une sorte de training d’acteur et un chantier dramaturgique, espérant développer sur scène un type de jeu instinctif et créer d’autres formes personnelles d’écriture(s). Pour cela, nous nous éloignerons donc, dans un premier temps, de l’œuvre originelle, laissant libre cours au travail d’improvisation des interprètes sur ce que la pièce nous raconte. Ceci afin de s’approprier les enjeux de l’œuvre, d’explorer le caractère des différents personnages, leur corps, leur esthétique. Nous reviendrons dans un second temps sur le texte « intact » de Camus, forts des explorations précédentes.

Je souhaite aussi travailler à plusieurs scénarios de mise en scène imposés par le personnage de Caligula. L’intérêt de ces scénarios multiples est de proposer pour chaque représentation, une des versions de la pièce initiée par le personnage principal, afin de produire sur le groupe de comédiens et comédiennes qui incarnent les autres personnages, un effet de surprise, une adaptation aux propositions de mise en scène de Caligula. Nous travaillerons également autour des techniques de dissociation corps et voix afin de multiplier les différents espaces de représentation du texte, permettant à la parole de se détacher de manière troublante du corps, le corps en état de sur-marionnette (la source du mouvement qu’implique la marionnette s’applique au corps de l’acteur). Accompagné par le chorégraphe Guillaume Marie, je souhaite entreprendre pour ce spectacle un travail approfondi sur le corps, l’incarnation du mouvement et le mouvement dansé.

Jonathan Capdevielle